Sécurité sociale professionnelle ou sécurisation des parcours professionnels. Quelle place pour les jeunes ?

par Romain Vila

Les Notes de l’IES – n°34 – septembre 2014

Les jeunes constituent une catégorie de l’action publique à laquelle ne peuvent échapper les organisations syndicales. Romain Vila montre dans cette Note comment les revendications plus générales de Sécurité sociale professionnelle à la CGT et de sécurisation des parcours professionnels à la CFDT cherchent à intégrer la « question de la jeunesse ». Bien que cette prise en compte soit encore balbutiante, l’auteur insiste sur la construction des revendications syndicales en la matière et sur la manière dont elles s’inscrivent in fine dans les conceptions de chaque confédération en matière de droits salariaux.

Retraites : comment améliorer les droits des femmes ?

par Lucy apRoberts et Nicolas Castel

Les notes de l’IES – n°32 – juin 2013

Depuis les années 1980, la « contributivité » du système de retraite a été renforcée de façon à contenir la masse des pensions. Cette politique nuit particulièrement à ceux qui n’ont pas eu une carrière « pleine » et à ceux qui ont connu des fluctuations de rémunération, deux tendances qui concernent davantage les femmes que les hommes. Afin d’améliorer les droits des femmes, il est parfois question de renforcer les minima de pension ou d’augmenter les droits des mères et des veuves. Pour Lucy apRoberts et Nicolas Castel, il s’agit là de pis-aller. Ils montrent qu’il est préférable de s’éloigner de la contributivité pour renforcer les droits des femmes.

Maintien de l’emploi et chômage partiel. Un modèle italien de flexicurité

par Mara Bisignano

Les notes de l’IES – n°31 – mars 2013

En Italie, le dispositif de chômage partiel qu’est la Cassa Integrazione Guadagni (CIG), au-delà d’avoir permis le maintien d’un haut niveau d’emploi industriel, constitue un modèle plus général de gestion des fluctuations des besoins de main-d’œuvre assis sur la qualification dans l’emploi. En cela, il s’avère être alternatif à la sécurisation des parcours professionnels sur le marché du travail. Comme le montre Mara Bisignano, la CIG reste soumise à plusieurs contradictions. Toutefois, ce dispositif nous éclaire sur la nécessité de distinguer nettement la sécurisation de l’emploi comme support de la qualification et la sécurisation de l’emploi comme encadrement des trajectoires sur le marché du travail.

Des agences d’intérim aux agences d’emploi

par Rachid Belkacem

Les notes de l’IES – n°30 – janvier 2013

En retraçant l’histoire de l’institutionnalisation conjointe du travail intérimaire et de ses acteurs, Rachid Belkacem montre que c’est le sens et la nature de l’intérim qui se transforme. L’intérim comme forme d’intervention ponctuelle dans l’emploi fortement encadrée a vu ses missions considérablement étendues (pré-embauche, formation, placement), à tel point que les agences d’intérim se présentent désormais comme des « agences d’emploi ». Mais au-delà du processus d’institution de l’intérim, cette note nous invite à interroger la manière dont l’utopie du marché du travail œuvre dans les rapports d’emploi et de production.

Le projet d’une école commune

par Jean-Pierre Terrail

Les notes de l’IES – n°29 – octobre 2012

Revenant sur les impasses de l’organisation actuelle du systeme scolaire, Jean‐Pierre Terrail, dans le cadre du Groupe de recherche sur la démocratisation scolaire (GRDS), propose un projet de refondation de l’école dont l’ambition est de transmettre une culture commune de haut niveau sans mettre en concurrence les élèves.
« L’ École commune » qui n’entend pas réduire les jeunes individus à leur destin de force de travail est à bien distinguer du « socle commun de connaissances et compétences » chargé d’assurer l’employabilité minimale des sortants du système scolaire.

Un salariat mondialisé ? Protection des travailleurs et responsabilité sociale de l’entreprise à l’épreuve de la globalisation

par Pauline Barraud de Lagerie

Les notes de l’IES – n°28 – juin-juillet 2012

Que faut-il attendre de la « responsabilité sociale » que les grandes firmes occidentales entendent se donner lorsqu’elles sous-traitent une part de leur activité dans les pays du Sud ? Quelle relation salariale se noue lorsque que ce sont les firmes elles-mêmes, sous la pression de mouvements de consommateurs occidentaux davantage que des travailleurs concernés, qui assument la production des « règles » du travail et en assurent le contrôle ?

Dans sa note, Pauline Barraud de Lagerie revient sur la progressive mise en place de l’audit dit « social ». Elle donne à voir les pratiques et les résultats de ceux qui, à l’instar des réformateurs sociaux du 19e siècle, en appellent à la morale ou à la déontologie patronale pour assurer la protection des travailleurs du Sud. Il est certes difficile de ne pas être sceptique quant à la capacité de ces dispositifs à promouvoir un progrès pour les droits des travailleurs : ils répondent d’abord à des objectifs de communication, se fondent sur des formes de régulation privée qui marginalisent les autorités publiques et sont imposées « de loin » par des firmes occidentales aux acteurs locaux. Mais l’histoire du salariat montre aussi que nombre de « conquêtes sociales » résultent d’une réappropriation par les salariés d’initiatives patronales.

Les salaires à la SNCF. Inflexion néolibérale et résilience du statut

par Dominique Andolfatto, Marnix Dressen et Jean Finez

Les notes de l’IES – n°27 – mai 2012

Les rémunérations, analysées à la fois du point de vue de leur montant et de celui de leur logique de formation, constituent un indicateur puissant des transformations de la relation salariale et de ses implications.
En s’intéressant aux salaires à la SNCF, Dominique Andolfatto, Marnix Dressen et Jean Finez insistent sur l’inflexion néo-libérale qui consiste à individualiser les rémunérations. Au-delà d’une simple technique de rémunération, ils montrent que, par le biais de l’individualisation et de la fragmentation de la politique salariale, c’est une culture, une solidarité et une identité cheminotes – incarnées par un système dans lequel toutes les « soldes », du bas au haut de l’échelle, étaient liées à l’évolution d’un même point d’indice – qui sont aujourd’hui mises en cause.

Le travail en “colos” : le salariat en vacance ?

par Francis Lebon et Maud Simonet

Les notes de l’IES – n°26 – avril 2012

La qualification du contrat de travail des animateurs des centres de vacances et de loisirs oppose ceux qui mettent en avant le risque qu’elle constitue pour la survie de ces structures et ceux qui l’estiment indispensable face à l’exploitation dont sont victimes les travailleurs de ces secteurs. Pour Francis Lebon et Maud Simonet, cette tension s’inscrit dans des débats anciens sur le registre de l’engagement pour les uns ou du véritable emploi pour les autres, pourtant indissociables.
S’y ajoute aujourd’hui un nouvel enjeu centré sur l’inégalité entre les jeunes qui pratiquent l’animation comme un “super bénévolat” et ceux qui se considèrent en voie de professionnalisation dans ce secteur. Les deux groupes sont disqualifiés par le statut de “volontaire”.

Un usage du SMIC contre le salaire : le cas des centres d’appels

par Nicolas Castel

Les notes de l’IES – n°25 – janvier 2012

En s’appuyant sur une analyse de la formation des salaires dans les centres d’appels, Nicolas Castel montre la manière dont le SMIC a profondément changé de signification : de plancher, il est devenu plafond des rémunérations des employés. Parce qu’il permet de s’exonérer de deux institutions constitutives du salaire – la qualification et les cotisations sociales – le SMIC devient l’horizon d’une carrière salariale et non son point de départ. Cette garantie minimale que constitue le SMIC réduit cependant la rémunération à une logique de besoins à couvrir et nie la qualification des travailleurs ou de leur poste que le salaire est censé reconnaître. En ce sens, on peut lire dans les pratiques de rémunérations et de négociation salariale qui tendent au mieux à égaler le SMIC, encouragées en cela par les politiques publiques d’exonérations de cotisations sociales, un usage du SMIC contre le salaire.

L’assurance maladie aux mains du marché. Le cas des Pays-Bas

par Pascal Turquet

Les notes de l’IES – n°24 – décembre 2011

Nombreux sont ceux qui, en Europe comme aux États-Unis, préconisent la création d’un marché de l’assurance maladie. La concurrence entre assureurs serait « organisée » car fortement régulée par l’État. Dans ce modèle, celui-ci doit en effet : définir les soins couverts et les niveaux de remboursement ; obliger tout le monde à s’assurer et obliger les assureurs à accepter d’assurer tout le monde ; et enfin, gérer un système de compensation pour les assureurs couvrant une forte proportion d’assurés à risque.

Ainsi, les assureurs devraient réagir en concluant des conventions avec les fournisseurs de soins afin d’en réduire le prix et, partant, le prix de l’assurance. S’appuyant sur l’exemple des Pays-Bas, Pascale Turquet montre qu’il n’en est rien. Non seulement le nouveau système ne protège pas les assurés à faible revenu du coût excessif de l’assurance, mais les assureurs ne contrôlent pas le coût des soins. La concurrence est d’abord « organisée » pour assurer le recul de l’État social.